Lorsque j’ai découvert le travail du sculpteur Néo-Calédonien
Jim Skull, j’y ai vu une manière de revisiter les problématiques tribales, notamment par le biais du totem. Ce thème avait déjà été évoqué lors de mon mémoire de fin d’étude, où je suivais les traces de Desiree Dolron (« Exhaltation ») en photographiant des performances corporelles inspirées des rites de passages africains et amérindiens (le mouvement des « modern primitives »).
Guidé par l’ouvrage de George Bataille,
Les Larmes d’Eros , j’ai eu l’idée de mettre en scène la dualité Thanatos/Eros. J’ai donc mis en scène une danse entre les sculptures de Jim, représentant la
pulsion de mort, et les trois mannequins symbolisant la
pulsion de vie. Visuellement, j’ai cherché à créer une atmosphère magique et halluciné, à la fois onirique et charnelle.
Cette série est la première d’un cycle de quatre productions (photo et vidéo), donnant lieu à quatre collaborations avec des artistes plasticiens. Cette démarche témoigne d’une volonté de briser les barrières séparant le monde de la mode et celui de l’art contemporain, le studio photographique étant le lieu idéal de leur rencontre.
Les sculptures y deviennent les personnages d’une série de mode, tandis que les danseuses font de leurs corps des œuvres d’art.
Ce carambolage entre mode et art contemporain se retrouve de manière général dans mon travail, et je m’efforce de renforcer cette démarche qui, bien que déstabilisante, me semble symptomatique d’une recherche esthétique globale, mise au service d’un message parfois anxiogène mais profondément optimiste.
Diffusée en exclusivité sur le webzine "Le Magazine Ever", la série a également été nominé pour la bourse au talent Photographie.com